Burundaises, Burundais,
Amis du Burundi,

  1. Nous commençons par rendre grâce à Dieu Tout Puissant qui nous a fait don d’un si beau pays, habité par des Burundais pleins de bravoure, dans les rangs desquels se trouvent les dignes fils à qui nous devons d’ailleurs l’indépendance que nous commémorons aujourd’hui.
  2. Aujourd’hui, dans toutes les communes du pays, nous faisons mémoire et nous célébrons les 52 ans qui viennent de s’écouler après le recouvrement de l’indépendance de notre pays le 1er Juillet 1962. Ce jour a été unique et inoubliable dans l’histoire de notre pays.
    3. Nous souhaitons donc aux Burundaises et aux Burundais, ceux qui sont au pays et ceux qui sont à l’étranger, un joyeux anniversaire. Cette fête, célébrez-la dans une ambiance de joie exubérante, en vous rappelant mutuellement les dures conditions dans lesquelles notre indépendance a été acquise, et en vous fixant sur les stratégies les meilleures pour poursuivre la consolidation de cette victoire.
  3. Le thème général de cette journée est énoncé comme suit :

« Protégeons nos ressources naturelles, c’est le moyen le plus sûr pour sauvegarder les acquis de notre Indépendance ».

Burundaises, Burundais,
Amis du Burundi,

  1. C’est en 1896 que les étrangers, les Allemands en l’occurrence, ont commencé pour la première fois à régner sur le Burundi, puis remplacés en 1916 par les Belges. Les maux que les Burundais ont endurés durant ces périodes sont sans mots pour les décrire, mais la plus grande douleur, ce fut celle de perdre son droit d’expression dans son pays natal, de cultiver et laisser les blancs récolter puis, rassasiés par le fruit de nos efforts, donnaient en récompense des coups de fouet à nos concitoyens.
  2. Pour recouvrer notre indépendance, il a fallu des Burundais qui aiment vraiment leur pays, qui ont accepté de se donner en sacrifice pour lui, en union avec leur leader, le Prince Louis RWAGASORE. Ils ont compris que la citoyenneté était une valeur à ne pas négliger, et ils ont milité pour la souveraineté de leur pays. Cette lutte, ils l’ont menée ensemble, unis, dans un parfait respect mutuel.
  3. Mais l’on remarque malheureusement qu’après l’assassinat du Prince Louis Rwagasore, l’amour de la patrie et de ses fils est allé décroissant chez beaucoup de burundais. Cette dégradation s’est manifestée par beaucoup de signes, certains demeurant encore vifs dans certaines circonstances. Nous citons ici quelques exemples :

Des gens qui veulent marcher sur leurs frères et qui les couvrent d’injures ;
des gens qui rejettent les coutumes et les valeurs positives qui ont caractérisé nos grands-pères ;
Des gens qui renoncent à leur nationalité burundaise volontairement ;
des gens qui délivrent aux étrangers la carte nationale d’identité ou le passeport burundais ;
Des gens qui sillonnent les pays du monde, passent par des radios, des télévisions ou autres médias pour salir leur pays ou calomnier leurs frères burundais ;
Des gens qui sèment l’insécurité dans le pays, entretiennent la haine et tuent leurs compatriotes, se livrent sans honte à la malversation économique et aux détournements des fonds.
Des gens qui se rendent irresponsables dans les questions qui touchent à la paix et à la sécurité des citoyens, ainsi que d’autres bassesses similaires.
Des gens qui provoquent des chicanes entre les frères ou les voisins, les induisant ainsi dans des situations de désarroi perpétuel.

  1. Malgré ces déboires, il existe encore des raisons d’espérer. En effet, des signes qui ne trompent pas montrent que l’esprit patriotique n’est pas définitivement perdu pour tous les citoyens burundais.
    9. Même si les divisions à caractère ethnique, régional et politique s’étaient emparées de certains esprits burundais, nous avons pu nous ressaisir. Nous nous sommes assis autour d’une table, nous avons échangé sur les questions qui nous divisaient, et nous sommes parvenus à la signature de « l’Accord d’Arusha pour la Paix et la réconciliation au Burundi » en 2000, renforcé par les divers accord de cessez-le-feu.
  2. Cet accord a été renforcé par la mise en place des corps de défense et de sécurité qui jouissent de la confiance de toute la population dans leurs différences. Ce changement a été opéré sans contestation, sans soulèvement, au grand étonnement et à l’admiration de la Communauté Internationale. Aujourd’hui, ces corps sont en train de prouver leur efficacité en participant aux missions de maintien de la paix dans les pays où l’ONU et/ou l’Union Africaine les a appelées.
  3. Nous notons également que, durant la crise, des citoyens de bon cœur se sont manifestés. Ils ont aidé à échapper à la mort des gens d’ethnies et de partis politiques autres que le leur, ont assisté les veuves, et ont survenus aux besoins des orphelins qu’ils ont considérés comme leurs propres enfants.
  4. Ce n’est pas tout, à voir la façon dont les travaux communautaires sont exécutés à travers tout le pays, et surtout les résultats obtenus, nous nous rendons compte de cette réalité que l’esprit patriotique est en train de renaître, de manière à la fois étonnante et fort appréciable.
  5. Dans le but de renouer avec la culture et les bonnes coutumes qui ont caractérisé nos grands –pères, tout spécialement les valeurs positives qui nous ont guidés jusqu’à l’indépendance de notre pays, le Gouvernement a récemment mis sur pied le Programme national d’Education Patriotique.

Il y a également des personnes, des centres et des organisations privées, qui sont en train d’apprendre aux petits enfants et à la jeunesse la culture et l’éducation typiquement rundi ainsi que les bonnes manières des Burundi. Cela se passe surtout dans les villes et centres urbains, dans les écoles et dans les églises.

Nous leur disons merci pour cette initiative, et Nous les exhortons à aller de l’avant.

  1. Ces bonnes attitudes sont concrétisées par la fierté que nous manifestons à être Burundais, l’engouement que nous portons à connaître et à comprendre les lois, les institutions et les organes dirigeants de notre pays, le souci de notre propre développement et celui de notre progéniture, mais aussi le respect des symboles de notre nation, en particulier les monuments de l’indépendance de notre pays.
    C’es pourquoi Nous rappelons à tous les Administrateurs communaux de bien réhabiliter et de bien entretenir ces lieux, et que l’on s’y rassemble pour les cérémonies marquant les différentes fêtes.
  2. Nous sommes doublement enchantés, car nous célébrons la présente fête au moment où ces enseignements ont déjà démarré. Ils se donneront dans les écoles, les Eglises, aux hommes et femmes membres des forces de défense et de sécurité, aux fonctionnaires et aux travailleurs du secteur aussi bien public que privé. Nous vous lançons donc un appel pour que vous les suiviez avec une attention particulière, car ils vont réveiller en vous la soif de servir sans réserve notre pays.
  3. Ces enseignements arrivent à point nommé, car ce sont eux qui nous aideront à mettre en pratique les autres grands projets du pays, tout spécialement le Programme National de Bonne Gouvernance et de lutte contre la corruption et les autres crimes connexes, ainsi que la stratégie nationale de sécurité.

Nous nous réjouissons du pas déjà franchi à ce sujet, car les comités de sécurité qui englobe toutes les composantes de la société dans leurs différences sont fonctionnels sur toutes les collines. De cette manière, personne ne se fera passer pour non concerné par une question quelconque susceptible de perturber la sécurité.
C’est au cours de ce mois de juillet que vont commencer les formations pour expliquer clairement à ces comités leur mode d’intervention.

Burundaises, Burundais,
Amis du Burundi,

  1. Le fait de célébrer une fête comme celle-ci est d’une grande valeur. C’est une occasion pour ceux qui ont vécu les temps coloniaux de se rappeler ; aux jeunes l’occasion d’apprendre l’histoire, pour qu’ainsi nous tous sachions que les merveilles sous nos yeux ont été obtenus à un grand prix pour ne pas les prendre à la légère. C’est d’ailleurs là un des moyens de consolider notre indépendance.
  2. C’est dans cette optique même que nous avons commencé à célébrer cette fête dans toutes les Communes du pays, pour permettre à un plus grand nombre de citoyens de faire un déplacement et de se rassembler pour écouter, échanger des informations.

Nous demandons à tous les natifs des Communes de répondre présents au grand rendez-vous de la fête communale célébrée au mois d’août de chaque année comme lancé l’année passée. C’est important que tous les ressortissants d’une Commune puissent former un « corps uni » et se détendre ensemble.

Burundaises, Burundais,
Amis du Burundi,

  1. Comme l’hymne national de notre pays le dit si bien : « Nous te consacrons nos bras, notre cœur et notre vie », l’objectif qui nous guide est qu’une fête pareille ne soit plus une occasion de danser et de chanter uniquement, mais plutôt de montrer, chaque année, ce dont nous sommes capables. C’est pour cela que Nous avons demandé à toute Province, à toute Commune, de se choisir une œuvre prioritaire à laquelle sera consacrée une attention particulière pour être dédiée à cette grande fête.
  2. Selon les rapports qui nous parviennent, cette année a été marquée par beaucoup de réalisations qui font honneur à la nation. Plus de 1.800 écoles ont été construites ou réhabilitées, sans oublier les Universités, 49 centres de santé, des hôpitaux, des salles de réunion, des bureaux pour l’administration, des stades et terrains de jeux, des villages, des hôtels, des lieux de prière, des unités de transformation des produits vivriers, des adductions d’eau potable, etc. Nous avons planté des arbres, aménagé des bassins versant, des courbes de niveaux, et nous sommes venus en aide aux différents sinistrés. De cette liste, Nous avons trouvé que chaque Province, chaque Commune dispose d’une réalisation à vanter à l’occasion de cette fête.
  3. Mais étant donné la quantité et la diversité des œuvres réalisées, considérant que certaines sont encore au niveau des travaux de finissage, mais surtout pour avoir un temps suffisant de savourer cette fête, les cérémonies d’inauguration de ces œuvres iront jusqu’au mois d’octobre. A ce moment là, les plus hautes autorités du pays se joindront à la population dans pas mal de localités pour rehausser de leur présence les cérémonies.
  4. Nous demandons alors aux Gouverneurs des Provinces et aux Administrateurs communaux d’organiser des travaux au cours des grandes vacances, pour permettre aux élèves et étudiants de donner leurs contributions dans les travaux de finissage des locaux ou d’autres travaux en cours d’achèvement.
  5. En ce qui concerne la protection de l’environnement, Nous vous annonçons déjà que dès la tombée des premières pluies, nous ferons une campagne de reboisement des contreforts surplombant la pleine de l’Imbo : dans les Provinces de CIBITOKE, BUBANZA, BUJUMBURA, BURURI et MAKAMBA. Nous invitons les concernés ainsi que les associations du domaine de commencer à préparer d’urgence et en quantités suffisantes les pépinières pour les plants adaptés à ce relief.

Burundaises, Burundais,
Amis du Burundi,

  1. L’Indépendance est consolidée par la paix, la concorde et la communion entre les citoyens. Nous nous réjouissons du fait que la loi tant attendue qui régit la Commission Vérité et Réconciliation soit déjà là, et Nous espérons que les membres de cette Commissions seront connus vers la fin de ce mois de Juillet. Cela marque le dernier pas pour clôturer le processus de paix. Nous aurons alors mis définitivement fin à la sale maladie qui avait gangrené le Burundi, pour la remplacer par un meilleur avenir.
  2. En effet, parmi les principales causes qui ont été à la base de nos divisions, de nos persécutions, de nos tueries, il faut mentionner le mensonge, la rumeur, la jalousie, l’entêtement et le manque d’humilité pour demander pardon, mais surtout la tendance délibérée à cacher la vérité de notre histoire.

Même au courant de cette année, pas mal de ces vices ont perturbé la paix, en particulier le mensonge, les montages, le non respect de la loi, les soulèvements, la mauvaise gestion de la chose publique, le manque d’éducation, le non-respect des parents, des éducateurs et de Dieu ; le comportement déviant, des diffusions à la va-vite, etc.

  1. Les temps continuent donc à s’améliorer, car nous faisons chaque fois de nouveaux pas en avant. Cela nous fait espérer que même les élections qui approchent se passeront très bien, mieux que toutes celles qui se sont déroulées au Burundi.
  2. Nous apprécions beaucoup l’action que le Médiateur des burundais est en train de mener en organisant des rencontres d’échanges entre des jeunes appartenant à des partis politiques différents, sans oublier les ex-combattants. Tout est de nature à aider dans l’amélioration de climat pour arriver aux élections les esprits sereins. Nous l’en félicitons très vivement.
  3. La Commission Electorale Nationale Indépendante, quant à elle, est en train d’accomplir la mission lui confiée, et il communiquera régulièrement ce qui est déjà fait ainsi que ce qui reste à faire.

Comme Nous l’avons déjà annoncé aux Burundais et à la Communauté Internationale, notre souhait est que les élections de 2015 se déroulent mieux que toutes celles que nous avons organisées jusqu’à ce jour, et que cela est possible, car le plus important en tout cela est la volonté, la mise en avant le bien de la nation et de ses citoyens, ainsi que le respect des lois en vigueur.

Ce sont les élections qui dotent le pays des Institutions et des dirigeants qui ont la confiance de la population ; ce sont les élections qui amènent la paix et consolident la démocratie et l’indépendance dans le pays.

  1. Celui-là donc qui voudrait que les élections n’aient pas lieu serait un adepte du chao général : le pays tomberait en crise, car il y aurait vide institutionnel, sans aucun responsable pour répondre de ceci ou de cela, et le désordre pourrait s’installer. Ceux qui veulent troubler les élections, nous ne leur permettrons pas de faire un pas sans s’être fait attraper. Vous l’avez déjà vu d’expérience, Nous lions l’acte à la parole, et nous n’allons pas démordre sur ce principe.
    30. Nous demandons à la Communauté Internationale de nous appuyer en nous accordant entre autres des moyens et une expertise technique dont nous ne disposerions pas, mais également en envoyant des observateurs dès la préparation des élections, qui vont continuer leur mission pendant et après ces dernières.
  2. Les Burundais devrions donc rester calmes, placer notre confiance dans le Gouvernement, fermer les Oreilles aux mauvais conseillers. Quiconque tentera de troubler les élections sera considéré comme l’ennemi de la paix, ennemi des Burundais, ennemi de la démocratie, ennemi de l’indépendance.
    Nous nous lèverons tous comme un seul homme pour le combattre, et nous le vaincrons. L’histoire nous aura montré beaucoup de dérapages lorsque l’on a longtemps fermé les yeux sur des fautes, favorisant l’impunité.
  3. Nous vous demandons tous, Burundaises et Burundais, de ne pas vous laisser distraire par les prochaines élections au risque d’oublier votre travail habituel, car après les élections, la vie va continuer. Concentrez vous donc sur les activités de développement qui vous aident à faire vivre vos familles, et que ce soit là l’objet de votre plus grande préoccupation.

Burundaise, Burundais,
Amis du Burundi,

  1. Depuis quelques temps, nous assistons au phénomène des marchés qui prennent feu dans les Provinces du pays jusqu’à la consumation totale, et les richesses du pays et de la population volent en éclats dans ces incendies. Cela est attristant. Nous conseillons aux commerçants qui ont des marchandises dans ces lieux de procéder à leur assurance et de suivre les instructions qu’on va leur donner. Le Gouvernement est est en train de faire tout ce qui est en son pouvoir pour augmenter les moyens de prévention et d’extinction de ces incendies.

Nous demandons également que dans tout marché soit mis sur pied un comité de sécurité sur base d’une composition représentative des bénéficiaires directs, afin qu’ils s’occupent des questions de sécurité sur ce lieu de travail de manière régulière et approfondie.

Aux administratifs, aux forces de l’ordre et au corps judiciaire, Nous vous demandons de travailler de manière à attraper et punir les criminels qui opèrent dans ce secteur.

  1. Bien que la situation se présente comme telle, Nous nous réjouissons du fait que les avocats de l’Etat sont en train de faire honneur à notre pays en présentant sa défense. En effet, tous les 7 jugements prononcés par la Cour de Justice de EAC donnent raison à l’Etat du Burundi dans les procès qui avaient été engagés contre lui.
  2. Ceci vient en complément à la bonne performance que l’institution judiciaire a à son actif, car les procès ne traînent plus en longueur, ni l’exécution des jugements rendus. Nous félicitons beaucoup les membres de ce corps, tout en leur demandant de continuer à être vigilants afin que les procès restent équitables.
  3. Nous saisissons cette occasion pour annoncer aux prisonniers que Nous venons de prendre une mesure de grâce dont à peu près 3.000 condamnés pourront bénéficier pour allégement de leur peine. Mais cette grâce ne concerne pas les récidivistes qui sont retournés en prison à cause des crimes ou délits pour lesquels ils avaient été graciés.
  4. Nous remercions la Communauté Internationale qui nous appuie dans la réalisation des projets préparés et leur proposés, car en agissant ainsi, ils nous aident aussi à sauvegarder les acquis de l’indépendance.
  5. Nous vous réitérons nos souhaits de bonne fête et de joyeux anniversaire de l’Indépendance, Burundaises et Burundais et vous convie à la célébrer en gardant à l’esprit que rien ne préservera mieux l’indépendance si ce n’est le travail et la lutte contre les malversations économiques.
    « Protégeons nos ressources naturelles, c’est le moyen le plus sûr pour sauvegarder les acquis de notre Indépendance ».

Vive l’Indépendance du Burundi
Eloge soit fait à la bravoure dans notre pays
Que Dieu vous bénisse
Je vous remercie.