La Biographie du Ministre de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique

Né en 1970 d’une famille simple sur la colline Kibaya en commune Bukinanyana de la province Cibitoke au Nord-Ouest du Burundi, CPC Ndirakobuca Gervais était en 2ème candidature (Faculté des sciences, Département de Chimie) à l’université du Burundi quand, en 1993, il échappa miraculeusement à la mort. Son seul « péché »: être né Hutu. Son salut : avoir passé la nuit à l’extérieur du campus lui permit d’en échapper belle. Ses collègues étudiants qui avaient eu le malheur de passer la nuit au campus Mutanga n’ont pas eu cette chance, ils ont été tous sauvagement massacrés par leurs collègues Tutsi, accusés du même “péché”. Quand il a su que ces derniers n’étaient plus, avaient payé leur tribu à la nature, il est directement parti rejoindre les milliers d’autres Barundi au maquis.

La vie au maquis

Arrivé au maquis, il a vaillamment mené la guerre contre l’armée régulière qui avait sauvagement assassiné le premier Président civil Hutu démocratiquement élu Ndadaye Melchior. Ne pouvant plus laisser faire, le peuple avait pris les armes après cet assassinat de son cher Président qu’il avait massivement élu. Dans le maquis, au Burundi comme au Congo (RDC), CPC Ndirakobuca Gervais a subi une formation militaire au Centre d’Instruction (CI) et à l’Ecole Supérieure de Commandement avant de gravir tous les échelons comme tout soldat déterminé. Grand travailleur qui ne tolère jamais l’oisiveté, il a été soldat, chef de peloton, commandant compagnie, commandant bataillon, commandant Brigade, membre de l’Etat-major des Forces de Défense de la Démocratie (FDD) et G2 Adjoint, Commandant Axe Sud Tanganyika des Forces de Défense de la démocratie (FDD) Forces Armées alliées,…

Dans la rébellion, il a connu la guerre et son habituel cortège de malheurs : le froid, la faim, la fatigue, les bombes larguées par des hélicos de l’armée régulière,…tout s’est impuissamment abattu sur sa tête et sur celles de ses compagnons de lutte, sans aucun secours sauf celui de l’Imana du peuple Murundi qui guidait ce combat. Dans tout cet épineux périple, il était aussi plus préféré pour les fonctions de renseignement depuis ses responsabilités au sein de la compagnie.

Le domaine professionnel

Comme l’actuel Premier Ministre, CPG Bunyoni Alain Guillaume, qu’il a remplacé, CPC Ndirakobuca Ger-vais est un autre grand officier qui connait de fond en comble la Police nationale du Burundi (PNB). Il est l’un des grands architectes de ce Corps qui fait la fierté du Burundi partout où ses éléments sont déployés. Avant la naissance de ce Corps le 31 Décembre 2004, cet officier était membre de l’Etat-major intégré de la PNB qui était chargé de la penser, de la mouler. Dans cette police, il a gravi tous les échelons et occupé divers postes de grandes responsabilités. Il est passé successivement de chef de Bureau adjoint chargé de renseignement, communication et archives à la direction générale de la PNB, membre de la commission nationale de désarmement de la population civile et de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre pendant 6 ans, Directeur Général Adjoint de la PNB pendant 5 ans (de 2007 à 2012), puis Inspecteur Général Adjoint de la PNB en 2007, deux fois chef de cabinet au service national des renseignements, chef du cabinet à la Présidence de la République chargé des questions de police pendant 5 ans et administrateur général du service national des renseignements jusqu’à sa nomination comme ministre de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique le 28 Juin 2020.

Avant de devenir ministre, il ne s’est occupé que de son absorbante profession de policier, il a subi plusieurs formations professionnelles en cours d’emploi au Burundi et à l’étranger. D’un courage exceptionnel, il a même regagné les amphithéâtres de l’université Espoir d’Afrique où il a obtenu sa licence cette fois-ci en Droit après 5 ans d’intense labeur en 2013. Chaque soir à la fin du fatiguant travail, il se rendait aux auditoires.

Le secteur politique

Sur le plan politique, le nouveau ministre est un pur produit de la lutte pour la démocratie. Jeune militant très actif de première heure du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU) de Ndadaye Melchior en 1993, il fut obligé de quitter l’université et décida la voie très risquée de lutter militairement pour la restauration de la démocratie suite à l’assassinat du Président Ndadaye Melchior par les ennemis de la démocratie dont son successeur, le major Buyoya Pierre, condamné dernièrement pour ce crime sans nom. Chassé de l’université du Burundi dans un génocide qui coûta la vie à plus de 111 étudiants Hutu, tous les quelques rares rescapés n’ont pas eu le courage d’aller poursuivre cette lutte armée très risquée, mais lui, l’actuel Président de la République et quelques autres, oui. Il l’accepta au grand risque de sa vie. Il n’a pas voulu retourner, incognito et la peur au ventre, sur sa colline natale se cacher dans les ruisseaux, dans les forêts ou se laisser moisir dans les handaki de fortune d’alors. Il affichera d’ailleurs la même intrépidité et détermination tout au long de son dur périple. En 2006 et en 2017, il a été décoré par le Président de la République feu Nkurunziza Pierre, pour mérite patriotique exceptionnel en reconnaissance des services rendus à la Nation. Ainsi, les ennemis du Burundi, de la démocratie et des droits de l’homme feront, et font toujours, tout pour ternir son image. Certains iront même jusqu’aux « sanctions » injustes et néocolonialistes pour la simple raison qu’il se donne corps et âme pour son pays, contre leurs intérêts illégitimes et illégaux sans doute.

Homme très simple et très proche de la population surtout rurale, CPC Ndirakobuca Gervais est un grand agro-éleveur qui vit honnêtement de la sueur de son front, véritable antipode des dirigeants qu’il a combattus qui, une fois au pouvoir, s’éloignaient diamétralement de la base paysanne pour vivre angéliquement dans la Capitale Bujumbura de sa sueur.

Homme fort d’une énergie exceptionnelle mobilisable en plusieurs rôles de la vie, CPC Ndirakobuca Gervais est aussi un bon père de famille avec une épouse et 7enfants (3 garçons et 4 filles). Dans sa vie, il aime contempler les champs et les animaux d’élevage sans oublier la prière. Il déteste l’injustice. C’est cet homme très façonné par le dur combat de la vie pour ses citoyens que le nouveau grand ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique a eu le grand privilège d’avoir à sa tête pour mobiliser tous ces talents au développement du Burundi, qui a désormais renoué avec la démocratie grâce notamment à ses sacrifices. Un grand homme, un officier très intègre, à la tête d’un grand ministère, un homme qu’il faut à la place qu’il occupe.